Le haut débit de demain

Source : Gaëtan ALLART (vendredi 5 juin 2009)

En cinq années, l’évolution de l’Internet haut débit en France et dans le monde reste un exploit technologique sans précédent. On pense tout d’abord aux débits qui sont passés d’une centaine de kilobits par seconde à près de 30 Mbits/seconde aujourd’hui pour les meilleures offres. Un facteur 300 qui impressionne sur le papier d’autant qu’il n’est pas la seule évolution technologique.

En effet, alors qu’Internet ne se limitait qu’à un simple accès à ses débuts pour le grand public, aujourd’hui, il ne fait désormais plus partie que d’un vaste ensemble de services qu’on aime appeler triple-play (Internet, Télévision et Téléphonie).

Quand on prend un peu de recul et qu’on l’on regarde cette fantastique ascension, on ne peut s’empêcher de croire que celle-ci va continuer sur sa lancée et continuer de nous faire rêver. Pour cela, nous avons fait un rapide tour d’horizon des technologies qui vont probablement faire l’Internet de demain.


FTTB (Fiber To The Building)

Le FTTB est, comme son nom, l’indique le fait pour l’opérateur d’apporter la fibre optique jusque l’immeuble de l’abonné plutôt que d’apporter celle-ci jusqu’au central téléphonique et de desservir la distance restante, plus connue sous le nom de boucle locale, en cuivre ou par des technologies coaxiales.

L’intérêt est double. Non seulement la fibre optique n’a plus les problèmes d’affaiblissement du cuivre sur les longues distances mais elle permet en plus de faire transiter un débit largement supérieur grâce à l’optique. Le reste de la desserte de l’abonné, quant à elle, peut-être faite sur du cuivre sur les prises téléphoniques via le VDSL ou alors en utilisant le réseau câblé si l’immeuble est déjà raccordé par un câblo-opérateur. Sur de si courtes distances, les phénomènes d’affaiblissement ne sont plus un problème.

La technologie FTTB a l’avantage d’être moins onéreuse et moins difficile à déployer car elle ne nécessite pas de travaux importants et utilise des infrastructures existantes au sein des bâtiments.

Aujourd’hui, le groupe Noos-Numéricâble a déjà commencé à déployer ce type d’offre en région parisienne pour atteindre un débit record de 100 Mbits/seconde. En 2007, les habitants de plusieurs grandes villes françaises seront raccordables sur cette offre. La disponibilité massive de cette technologie n’est pas attendue avant 2008-2009 par contre. Neuf Cegetel travaille également sur une offre équivalente.


FTTH (Fiber To The Home)

La technologie de desserte de l’abonné FTTH, elle, consiste à apporter la fibre optique jusqu’au logement, et non plus l’immeuble, de l’abonné.

De cette manière, l’opérateur maitrise de bout en bout le raccord de son client jusqu’à ses équipement sur un unique média : la fibre optique et peut alors proposer des débits astronomiques ! Aujourd’hui, des chercheurs travaillent sur la normalisation d’une norme réseau permettant de faire transiter 100 Gbits de données par seconde sur ce type de média et les débits de 10 Gbit par seconde font déjà partie intégrante de certains professionnels. Bien entendu, nous sommes encore loin de ces débits pour un accès à Internet mais nous ne pouvons qu’être optimistes quand on compare cela aux limites actuelles de l’ADSL.

Cela étant, apporter la fibre jusque la porte de l’abonné n’est pas une mince affaire. Dans un premier temps, l’opérateur doit apporter cette fameuse fibre jusqu’au pied de l’immeuble. Il doit ensuite faire le nécessaire pour obtenir l’accord des syndics pour « fibrer » le bâtiment, le tout en espérant que les conduites de câbles installées pendant la construction de l’immeuble peuvent encore accueillir une telle connectique.

Free a été l’un des premiers opérateurs à officialiser le déploiement massif de ce type d’offre. L’objectif du fournisseur d’accès étant de couvrir la ville de Paris et d’autres grandes villes françaises rapidement. Les négociations avec les syndics sont lancées.


La mort de la paire de cuivre ?

Les deux technologies dont nous venons de faire la présentation tentent de relever un défi difficile : reconstruire un réseau optique complet quand on sait que France Telecom a mis plusieurs dizaines d’années à mettre en place l’architecture qu’on connaît tous aujourd’hui et qui nous permet de téléphoner.

Pourtant, alors qu’une majorité d’opérateurs semble avoir définitivement enterré la paire de cuivre, les chercheurs continuent de travailler sur ce type de transmission. D’ailleurs, une récente annonce semblait montrer que nous étions encore très loin des limites du cuivre en terme de transport de signal et que de nouvelles possibilités jamais atteintes en termes de débit pourraient voir le jour rapidement et ainsi permettre de proposer des offres à très haut débit sans redévelopper un coûteux réseau optique.

Quoi qu’il en soit, il est aujourd’hui difficile de se projeter dans l’avenir et de deviner laquelle de ces technologies fera l’Internet de demain. A l’heure actuelle, si les opérateurs semblent tous opter la fibre optique, il faudra plusieurs longues années pour que celle-ci soit accessible à une majorité de la population. Nous avons donc toutes les chances de penser que le cuivre a encore quelques beaux jours devant lui et pourrait même nous révéler quelques surprises inattendues...

Source : Gaëtan ALLART (vendredi 5 juin 2009)